La Prière, Bête Noire des Chrétiens?

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Oups ! Je parie que je viens d’écrire ce que certains chrétiens exemplaires pensent sans l’exprimer. J’ai peut-être tort, mais d’après mon observation personnelle, la Prière ne semble pas être la pratique favorite d’un bon nombre de chrétiens. La surabondance des sermons qui décrivent la prière comme une pratique laborieuse, ou comme un « Boot Camp Training », le manque d’enthousiasme des chrétiens à participer aux réunions de prières, en disent beaucoup. Ajoutez à cela toute une gamme d’idées préconçues et fausses au sujet de la prière et paf !…tout est là. Non, je n’ai réalisé aucun sondage. J’ai juste analysé certains aspects que je considère être les causes principales de cette attitude…. A vous d’en juger !

La rhétorique religieuse. Bon nombre de Chrétiens découvrent dès les premiers jours de leur marche personnelle avec le Christ, qu’il existe un « lexique » particulier à utiliser lorsqu’on s’adresse au Seigneur. Beaucoup remarquent, lors des réunions de prière, l’usage méticuleux et « diplomatique » des mots par ceux qui sont perçus comme étant nos ainés dans la foi. Apparemment, certaines formules doivent impérativement être utilisées comme pour éviter la fureur de Dieu ou pour attirer son attention… Certains vont même jusqu’à hurler comme si le Seigneur avait des problèmes d’audition. D’autres font usage d’un ton exceptionnel comme s’ils parlaient à un monarque étranger qui risquerait de piquer une crise de colère à la Nebuchadnezzar. Conséquence ? Beaucoup s’approchent du Seigneur sans être authentique (sans être eux-mêmes) afin de se conformer à un style imité. Or, toute imitation fini par devenir un vrai et lourd fardeau avec le temps. L’expression sincère, simple et calme de notre cœur devant le Seigneur est remplacée par des « Seigneur de Gloire », « Bienheureuse Esperance », « Soleil du Matin »…ou encore : « Nous sommes réunis ce matin devant ton Trône Oh ! Roi des Rois et Seigneur des Seigneur…. ». Ces expressions sont belles, poétiques et dans plusieurs cas bibliques. Mais je doute que le Seigneur soit impressionné par la beauté de nos paroles…. Le Christ nous a en effet instruit : « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés » (Matthieu 6.7)… Intéressant hein ?

L’expertise et la technicité des anciens. De la même façon qu’il y a un format à suivre dans les différentes transactions et relations de la vie courante, différents formats et règles (souvent contradictoires) sont offerts pour une bonne pratique de la prière. Certains de ces formats pourraient être désignés par CLR (Confession des péchés/Louange/Requête) ou LCR (Louange/Confession/Requête). Certains s’appuient sur la Prière du « Notre Père » pour justifier leur format. D’autres font recours aux différentes prières d’hommes et femmes de Dieu dans la Bible pour imposer leur format. « Que faut-il prendre, que faut-il laisser ? », se demandent les nouveaux initiés. Conséquence ? On s’approche du Seigneur avec comme soucis majeur de présenter un bon format et on se soucie peu (si pas jamais) de lui offrir ce qui est vraiment dans nos cœurs….

La longueur de la prière. Quelle est la durée minimale de la prière ? 60 Minutes !  Nous disent certains. Ils se basent sur la parole du Christ à ses disciples (qui s’étaient endormis) dans le Jardin de Gethsémané, quelques heures avant sa Crucifixion. Le Seigneur leur dit : « Vous n’avez donc pu veiller une heure avec moi! » (Matthieu 26.40)…. 1 heure est  donc, semble-t-il, le temps minimal d’une prière. Conséquence ? Certains chrétiens, conscients des multiples sermons et références à cet instance particulière, font tout pour prier « pendant au moins 60 minutes ». Et pourtant, le Nouveau Testament regorgent de nombreuses prières qui semblent n’avoir duré que « 5 minutes, 10 minutes, ou même 2 minutes, etc.. » Ceci nous rappelle le danger de toujours interpréter les Ecritures hors de leur contexte comme si on a affaire à un plat de spaghettis. Car ceci nous conduit à une application pauvre des Ecritures dans notre vie. Le Seigneur n’est pas impressionné par la quantité, mais par la qualité de notre dévotion. Que ce soit 1 minute, 10 minutes, 2 heures, toute une nuit, une semaine, tout doit se faire « en Esprit et en Vérité», nous rappelle le Seigneur dans Jean 4.24….

La baguette magique. Certains ont été enseignés que la prière est une sorte de « sésame ! Ouvre-toi ! », un moyen d’obtenir du Seigneur tout ce qu’on veut. « Tout est possible chez Quiconque croit », nous répète-t-on, sans considérer l’ensemble de l’enseignement biblique au sujet des concepts de la foi et de la volonté de Dieu. Dieu est donc présenté comme un Papa qui nous donne tout ce qu’on veut sans exception. Conséquences ? Que vous le vouliez ou pas, l’expérience de la vie nous montre que certaines prières ne sont jamais exaucées. Et puisqu’on nous avait promis que Dieu répondrait à toutes nos requêtes telles que nous les aurons formulées, le zèle cède graduellement la place à la frustration et parfois même à la dépression spirituelle. C’est normal qu’ils ne veuillent plus en entendre parler ! Certes, Dieu nous demande d’user de notre foi, mais il veut aussi que nous soumettions notre volonté ainsi que notre ego à la sienne. Le Christ nous en donne un parfait exemple lorsqu’il fut confronté à l’horreur de la mort affreuse qui l’attendait : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux »  (Matthieu 26.39)…

Cependant le plus grand danger de la « baguette magique » c’est qu’elle présente une vision très simpliste de la prière. La prière est réduite à une sorte de réunion entre le demandeur et le donneur. On ne s’approche du Seigneur que pour soumettre nos demandes seulement. Et on se prive du privilège du recueillement, on se prive de ces moments où nos cœurs se répandent devant le Seigneur en toute liberté. On se prive de ces moments agréables où il nous est permi de nous décharger sur Lui de tous nos soucis. On se prive de ces moments où Dieu désire inonder nos cœurs et nos pensées de sa paix qui surpasse toute intelligence. On se prive de ces moments merveilleux où nous recevons toutes sortes de consolations. On se prive de la communion réelle et vivante de celui qui est toujours prêt à nous recevoir avec grâce et compassion, à celui qui purifie notre conscience des œuvres mortes….

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12 thoughts on “La Prière, Bête Noire des Chrétiens?

  1. Oooh honorable Steph,

    introduction

    je suis bénis par tes apports dans ce blog qui est une source d’inspiration, j’ose le croire, pour beaucoup. Je voudrais juste te dire ooooh combien je suis benis par ce post.

    Dvlpmt

    Tu as parlé d’un sujet sensible pour tout chrétien; la prière. On a tous une sorte d’idée de comment une prière DOIT être faite. (Parler en marchant et courir si l’Esprit nous saisi ;-), trembloter,…). Je ne dis pas que c’est mauvais. Mais comme tu l’as dit dans un de tes posts, les gens veulent toujours se comparait aux autres (je m’en fous!).

    Conclusion

    Euuuuuh comment est ce que l’on conclut? aaah oui. Je t’en conjure, au nom de Jesus, continus á partager. Tu me benis..

    😉
    Ze Gana

    • Hahahahahaha ! Merci Ze Gana pour ton commentaire encourageant. J’espère que tu vas bien au pays de Madiba ! Je n’ai pu m’empêcher de sourire en lisant certaines scènes que tu décris dans ton commentaire…Lol. La conclusion ? Looool. C’est justement ça le but du style !…. Les lecteurs sont souverains ! Looool ! A eux de conclure…. A toi de Conclure Mr. « The Gaiinée !! » :) :) :) :)

  2. Très intéressant Bro Stéphane.
    Très intéressant. Beaucoup des choses à dire là-dessus mais j’y reviendrai.T’as bien résumé les choses.
    Il y a un autre problème et je pense que ce problème provient de la pauvreté de la langue ou de la vulgarisation de certains termes. L’infirmité du langage fait qu’on appelle tout « prière ». Quand un chrétien loue le Seigneur, on dit : Il prie. Quand il adore, on dit, il prie ! Ce qui n’est pas vraiment exacte, il y a des nuances.
    Il m’est arrivé une fois de méditer sur la question de la « prière » (voilà, je tombe sur le même piège), ou mieux sur la question de l’invocation (là encore ce n’est pas exacte)…En faite, je n’ai pas trouvé un terme qui réunit tous les actes qu’on appelle « prière ». J’ai répertorié une quinzaine de pratiques chrétiennes appelées « prières » (encore le même « mot »).
    Par exemple, ce que tu as appelé CLR ou LCR. Citons les et d’autres encore: adoration, louange, confessions, repentance (qui n’a rien à avoir avec la confession) , requête, parler en langues, chants en langues, invocation, supplication, intercession, recherche de la face de Dieu (2 chroniques 7 : 14), contemplation (voir les psaumes )etc.
    Si on définit la prière comme une présentation des requêtes à Dieu avec une pointe d’insistance, on comprendra que celui qui adore n’est pas en réalité entrain de prier mais il magnifie son Dieu et ne demande rien. De même que la louange ou le chant en langues. Il n’y a derrière ces actes spirituels que je viens de citer aucune pensée d’obtenir quelque chose si ce n’est de donner à Dieu.
    En réalité, cette diversité de manière de s’approcher de Dieu ou d’offrir à Dieu un culte s’appelle communément prière. C’est comme lorsqu’une chrétienne se rend au lieu de culte, on dit elle va à l’église ce qui normalement n’est pas exacte ; l’église étant le corps de Christ.
    Je continue encore à chercher le terme qui pourra englober tout cela mais je n’en trouve pas, alors je fais comme tout le monde, j’appelle tout cela prière.
    Pourquoi je dis tout cela, c’est pour une simple raison. En réalité, la prière véritable ne dure pas longtemps parce que Dieu n’est pas sourd et il demande de ne pas multiplier les paroles. Mais en est-il de même de toutes les autres formes de « prière ». Je ne pense pas. Raison pour laquelle nous voyons par exemple Le Seigneur passer toute une nuit à prier pour choisir les apôtres (Luc 6 :12) ou plus tard nous le voyons encore encourager les apôtres à prier au moins une heure (tu as raison, 1 heure de la bible n’est pas toujours équivalent aux 60 minutes de l’horloge. J’avais lu un document qui disait à peu près ceci : Il s’agit en fait de ce que les anciens appelaient les veilles de la nuit .Il y avait 4 veilles de la nuit qui comprenait environ 3 heures de temps actuels. On peut se risquer de dire que le Seigneur leur a demandé de prier pendant 3 heures d’affilées. Ça peut être une piste. Voir aussi le site http://www.lueur.org/textes/temps-dans-bible.html ).
    On voit aussi dans Esaïe chapitre 6 que des Séraphins qui sont devant Dieu criaient au point ou les portes du ciel étaient secouées. Ça, c’est de la louange pour certains ou l’adoration pour d’autres mais ce n’est pas de la « prière ». Mais il ne s’agit pas ici d’une demande et Dieu qui a fait l’oreille et qui n’est pas sourd les laisse crier devant lui. A combien plus forte raison, nous qui sommes encore dans la chair(c’est une manière de parler). La bible nous rapporte beaucoup d’incidents dans lesquels les gens crient devant Dieu. Le livre d’Apocalypse particulièrement nous rapporte que les anges et d’autres créatures qui sont devant Dieu élèvent la voix ou crient énormément. Rappelons-nous des âmes qui sont sous l’autel et qui crie. Apocalypse 6 :10 : « Ils crièrent d’une voix forte, en disant: Jusques à quand, Maître saint et véritable, tarde-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre? ».
    Hébreux 5 : 7 , un des passages que j’aime beaucoup dit que Le Seigneur poussaient des GRANDS cris à Gesthémané (c’est moi qui rajoute le lieu).
    Pour résumé, j’aimerai simplement dire que chaque forme de « prière » à son vocabulaire, ses positions et gestes (mains levés, à genoux, prosternés, assis, étendus au sol, marchant « voir Elie le prophète », yeux ouverts, yeux fermés, etc.), son timing, ses émotions.
    Je rends grâce à Dieu pour ceci. Au début de ma foi, j’ai appris beaucoup de la prière des autres avant de lire la bible. Plusieurs priaient à haute voix dans l’église où j’étais. J’entendais souvent ceci : tu es alpha Oméga, tu es Yahvé Nissi etc. Plus tard, j’ai découvert tout cela dans la bible.
    Je suis aussi d’accord avec toi (vous) que beaucoup font du cinéma à l’église. C’est triste. Certains sont dans l’imitation et d’autres encore ne savent ce qu’ils racontent. Un chrétien dans l’église où je m’étais converti avait dit un jour en louant Dieu : Seigneur tu es Alpha Roméo au lieu de dire Alpha Oméga. Un autre encore s’était écrié dans l’assemblée : Vanité de vanité tu es Dieu. Vous avez surement tous entendu parler de ce chrétien qui a voulu épater l’église dans sa prière et qui a dit à Jésus : tu es le Seigneur des anneaux.
    Brother Séphane, le mystère de la prière est grand. La bible dit même qu’on peut se parler à soi-même lorsqu’on prie…Je pense que jusqu’à la fin de notre vie, on découvrira encore plus dans la prière. Vivions la « prière » et ses dérivées et nous découvrirons que la profondeur appelle la profondeur.
    Saint-Esprit, aide nous à offrir à Dieu un culte raisonnable.
    Fabrice Gassana

    • Oh très cher homme de Dieu Fabrice, quelle joie de te lire ! Merci pour ton commentaire qui nous offre une autre perspective. Oui, tu as raison. Comme tu l’as souvent remarqué dans la plupart de mes posts, je résiste de faire de mes articles de longues thèses. Je résume tout en tenant compte des diverses sensibilités chrétiennes (sans pour autant sacrifier la vérité). J’entame tout simplement la conversation afin de permettre à mes lecteurs d’avoir la liberté de nous enrichir avec leur point de vue. Chose que tu fais très bien d’ailleurs.
      Je suis heureux que tu partages librement ta compréhension de la prière ainsi que ces différents textes bibliques. Et je suis sûr que tout étudiant sérieux de la Bible comprendra que tu ne voulais pas suggérer que ces passages ordonnent aux chrétiens de parler en criant ou en dormant ou en sautillant, etc. Ils peuvent permettre d’expliquer certaines de nos expériences et de nous rappeler que les hommes de la Bible étaient des hommes « de même nature que nous » (Jacques 5 :17) mais aussi que nos expériences avec Dieu sont infinies car Lui est infini. Ce sont là des exemples qui rendent témoignage à la profondeur de notre relation avec le Seigneur. La diversité de ces exemples nous montre qu’il serait imprudent de sacraliser une certaine expérience et en faire une règle générale pour tous.
      Ainsi donc, le fait qu’Hébreux 5.7 nous rapporte que Christ priait et suppliait « avec de grands cris et avec larmes » ne signifie pas nécessairement que c’est ainsi qu’il priait tout le temps. Cela ne signifie pas non plus que « Donc, tout enfant de Dieu doit prier et supplier avec de grands cris et avec larmes ». Le chapitre entier d’Hébreux 5 ne semble pas suggérer un tel ordre. Ce passage par contre peut être une riche et profonde source d’encouragement et de réconfort surtout lorsqu’on réalise que nous avons le droit et la liberté de nous identifier au Christ et de répandre nos émotions auprès du Père sans nous gêner. Si c’est arrivé au Seigneur, pourquoi pas donc nous ?
      J’aurais en général la même approche pour les autres passages relatant des expériences similaires. Encourager les étudiants de la Bible à résister la tentation de formuler une application spirituelle sans considérer l’ensemble de l’interprétation.
      Apocalypse 6 : 9-11 ne fait pas toujours l’unanimité d’interprétation par les grands docteurs provenant de différentes écoles d’interprétation eschatologiques (prétérites, futuristes, historiques, idéalistes). D’où la nécessité de faire preuve de prudence et de ne pas formuler de doctrine sur base d’un texte dont le genre littéraire et le contexte général n’est pas toujours accessible à toute personne.
      J’encourage donc mes lecteurs à bien comprendre la nature de ton intervention qui est d’une grande richesse pour nous tous. Yes, la profondeur appelle la profondeur. J’ai suivi le message sur youtube avec intérêt. Merci mon frère !

      • Excellent; J’apprécie ta réponse. J’ai pas eu le emps de parler de la baguette magique, la longeur de la prière, tous des thèmes que j’aime beaucoup. Peut-être prochainement…Le problème que nous avons, c’est soit les zélateurs ou les mercenaires dans la maison de Dieu. Les apôtres ne craignaient-ils pas plus les faux docteurs et faux prophètes comme aujourd’hui l’OMC est épouvanté par Ebola? Certes, il est vrai, ils font beaucoup des dégâts dans le troupeau. De fois, on peut comprendre pourquoi Paul parlait des souci que lui cause l’église. Etc
        C’est un des sujets qui me passionne le plus mais c’est aussi un domaine dans lequel il faut associer la révélation, la parole et la conviction

  3. Très bonne analyse , en effet très souvent nous prions en référence aux autres et pas souvent avec nos recherches spirituelles, profondes. Beaucoup savent ce qu’on appelle des communautés de base dans certaines confessions religieuses. Pourtant je ne les dénie pas mais beacoup trouvent que c’est une façon de réunir plusieurs chrétiens ensemble, mais quelle est leur efficacité?

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